Dramatisée

Psycho-drames, je vous hais…

Et pourtant je vous joue et rejoue à la moindre occasion, car c’est à travers vous – beaux drames – que j’ai appris l’amour. Je connais la peur de perdre, de manquer et c’est à cela que je mesure mon amour des choses, des autres et de moi aussi.

Alors quand tu me quittes, quand tu t’éloignes, quand j’ai peur de mourir, de manquer, je commence à vibrer, je me souviens que j’existe car je me souviens de mon absence.

J’ai ignoré la paix dans laquelle je baignais, il fallait sans cesse que je cherche un moyen de me plaindre d’un vide que je n’ai jamais su nommer. Je l’ai mis sur le dos des autres des systèmes, des puissants, des hasards, des choses étrangères à ma compréhension, aux gens insatisfaisants, tous ces autres qui ne savent me satisfaire.
Moi.
Perdu dans l’infini de mon impuissance, j’ai placé le besoin au centre de ma vie.
Toi.
J’ai tenté de remplir cet espace vacant au cœur de mon âme. Dieu lui-même n’est pas parvenu à le combler. Comment aurais-tu pu ?

Je t’attendais, je te voulais, je savais que je t’aimais, je ne savais pas pourquoi mais j’avais sans cesse le besoin de toi, je voulais te garder – tout le temps – près de moi, en moi, t’avaler, être toi. Ou plutôt que tu sois moi. Comment aurais-tu pu ?

Mon fantasme de toi me remplissais de vie. Je me connais si peu, vivant. Je t’imaginais, je te laissais remplir tous mes trous. Mes désirs m’allumaient et je pensais que c’était toi, je voulais te manger. Ma passion pour toi me faisait suffisamment souffrir pour y reconnaitre l’amour. Je baignais dans mon tragique désir de plénitude. D’Unité.

Aujourd’hui j’ai peur, je ne peux plus te toucher. Ta salive est mortelle. Tes mains sont salies. Tu es mon ennemi potentiel. Tu t’éloignes autant que je me méfie.

Et moi, dans ma passion en chemins croisés je me libère doucement de toi. Je me délivre de ce destin de malheur, de mon impuissance en dépendance pour me retourner vers mon cœur de sang. Chaud. Battant. Pulsé.

A présent je te regarde autrement. Je ne t’attends plus. Tu es aussi vide que moi et aussi plein que tous. Il faudra d’abord que je me laisse déborder de moi avant de me partager. Il faudra d’abord que tu te laisses inonder de toi avant de te partager.

Avec moi. Avec les autres. Avec le monde.

Au-delà du drame
Au-dessus de la peur
Aux confins de ce grand vide à habiter

Autrement

© ar copyright mars 202

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