maroc . 3.3 – l’atlas

On part dans les montagnes, les enfants ont vacances, ils descendent alors au bord de la route pour vendre des petites corbeilles tissées de roseaux et remplies de baies. Les rares voitures qui traverses les petits villages posés là leur donne des bonbons.

img_3441img_3446img_3452

img_3440

et cet Atlas
(…)
Mais toi, géant ! – d’où vient que sur ta tête chauve
Planent incessamment des aigles à l’oeil fauve ?
Qui donc, comme une branche où l’oiseau fait son nid,
Courbe ta large épaule et ton dos de granit ?
Pourquoi dans tes flancs noirs tant d’abîmes pleins d’ombre ?
Quel orage éternel te bat d’un éclair sombre ?
Qui t’a mis tant de neige et de rides au front ?
Et ce front, où jamais printemps ne souriront,
Qui donc le courbe ainsi ? quelle sueur l’inonde ?… –

Atlas leur répondit : – C’est que je porte un monde.
Victor Hugo

img_3377img_3447img_3429img_3409img_3399img_3408

Il a mis son « survêt » noir. Je déteste ça, ça me donne l’impression d’avoir 1000 ans et de me tromper de monde.
On s’arrête pour faire des photos, je dépose son portable sur la voiture et on repart. Perdu le portable. Il s’énerve. Il fait l’inventaire à haute voix de tout ce qu’il a perdu et il m’en veut. Il me dit que j’ai été « con » de le déposer sur la voiture. Il essaie d’être méchant mais il ne sait pas vraiment faire ça.
Je ne dis rien, je suis si loin. Je veux juste qu’il s’en aille, qu’il se calme. Je veux juste être sans lui. Il s’excuse. Il parle trop. Je voudrais dormir.

Quand il revient, j’ai dormi et je suis contente de le revoir. Il va faire un tour au marché et il me prépare une tajine d’agneau avec des courgettes, des petits pois frais, des oignons et des tomates. Il sait que c’est tout ce que je préfère. Il apporte du vin aussi.
En cuisinant, il me demande si je me mets des fois en colère. Je lui dit que je non. Je crois que je ne sais plus faire ça. Il me dit que j’ai 25 personnalités différentes mais qu’aucune ne se met en colère et que c’est bizarre. Il me pose des questions étranges et je lui réponds ce qui me vient à l’esprit. Quelques fois, il se lève, il retourne aux fourneaux et il dit juste  » et voilà, elle change encore … « tzac » et c’est une autre! ».

Le lendemain, il ne se souvient plus que pendant la nuit, il n’a pas laissé nos corps se séparer. Il rit quand je lui raconte comment il prenait ma tête entre ses mains, comment il la déposait sur son épaule, comment il posait ma main sur son torse ou dans la sienne, comment il jouait avec mon corps pour que jamais nous nous éloignions. C’était la nuit de la super lune du 14 décembre 2017.

Quelque chose change.

On prend le petit déjeuner sur la place, on a repéré le café qui les fait « marocains ».
Il m’emmène ensuite dans la médina cachée; la médina qui taille, qui coupe, qui coud, qui sculpte, qui tanne, qui fume… je suis tellement émue que je souris. Il me dit qu’il aime quand je suis contente, bien que je parte aujourd’hui.

img_3454

Des copeaux de bois pour chauffer le Hammam.

On achète de l’eau de fleur d’oranger pour mes biscuits de Noël qui approche, il cherche des bouteilles en plastique, que je puisse la prendre dans l’avion parce que son ami lui en a donné un litre. C’est Aïcha qui l’aura confectionnée.

Ce soir je serai à la maison. Je suis déjà partie. Il sait que je pense que je ne reviendrai plus.

 

 

 

Une réflexion sur “maroc . 3.3 – l’atlas

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s