Destinée Maroc . 2.2

Jours 3 & 4

On arrive à l’Atlantique et son petit village Sidi Ifni, les femmes sont enveloppées dans des voiles souples et colorés. Les poissons sont étalés en vrac sur des tables, dans les seaux.
On nous regarde, les hôtels nous seraient refusés.
Il achète des poissons et les fait griller au café d’en face, au bord de la route. Il me les prépare et les dépose sur l’envers de la peau grillée qui servira d’assiette.

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La plage bordée d’hôtels et de restaurants fantômes en souvenir du temps où on venait encore y passer les vacances. Les couleurs des murs lacérées pas les vents salés et le soleil qui n’arrête jamais de briller, sauf aujourd’hui où les vagues au loin semblent descendre du ciel. Mystique.

On s’amuse comme des enfants. Complicité.

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Il apporte le petit déjeuner. Va chercher un café chaud dans la rue.
Puis l’océan, ses rochers et ses arcs. On grimpe dessus. Je fais la chèvre, je sautille.
Les vagues nous engloutissent puis se déroulent – clémentes – pour nous redéposer sur le sable. On rit, on se tait souvent.

Il dit me connaitre depuis toujours et m’avoir aimée dès que je suis rentrée dans sa boutique. C’était il y a longtemps. Je vois bien qu’il le pense.

Je ne suis pas. Je regarde seulement. Je m’oublie.

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La joie de l’expérience intérieure est de se laisser féconder, comme un terreau propice, par des émotions inconnues, portées par le vent des hasards.

Sylvain Tesson

Entre peurs et désirs je ne peux que m’annuler, m’effacer et avancer sur le fil à la recherche de l’équilibre. Traverser l’abîme qui s’ouvre sous mes pieds.
Rien à décider, rien d’autre à faire qu’essayer, y aller.

Ressentir chaque détail de cette corde tendue, chaque partie de ce corps tremblant, écouter sa respiration et la mettre au diapason avec celle du vent qui fait vaciller parfois. Il faut s’accorder au monde… ou tomber !

Mes pensées sont des ennemies, elles me ramènent là où je suis petite, inutile et sans doute incapable d’exploits.
C’est d’elles que je me nettoie ici, au delà de mes croyances, de mes logiques, de mes conclusions… à l’intérieur de qui je suis, silencieusement. Sans le savoir.

Lui il me tend la main, il me laisse faire, il m’attend. Il ne me porte pas. Je peux le faire.

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Marché aux poissons – Sidi Ifni 

29 & 29.9.16

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